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Culture littéraire et artistique : les questionnements du cycle 4

Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).

Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.

L'essentiel

À maîtriser avant : Compréhension et interprétation d'un texte littéraire · Analyse d'une image ; rapports texte et image · Récits d'aventures, contes et récits de création (mythes)

Qu'est-ce qu'un « questionnement » en culture littéraire et artistique ?

Au collège, en 5e, 4e et 3e (cycle 4), l'étude de la littérature n'est pas organisée par ordre chronologique (des siècles les plus anciens aux plus récents), comme cela se fera au lycée. Elle est organisée autour de grandes questions humaines, morales ou sociales, appelées « questionnements ». Un questionnement rassemble des œuvres de genres et d'époques différents (roman, conte, théâtre, poésie, presse...) et des œuvres d'autres arts (peinture, sculpture, cinéma, musique) qui, toutes, éclairent la même grande question. Le programme propose quatre questionnements par niveau, soit douze questionnements au total sur l'ensemble du cycle 4.

Méthode
Repérer que chaque année du cycle 4 (5e, 4e, 3e) explore quatre grandes questions ; ces questions ne dépendent pas d'une période historique précise.
Comprendre que des œuvres très anciennes (mythes, contes traditionnels) et des œuvres très récentes (romans contemporains, films) peuvent appartenir au même questionnement si elles traitent de la même interrogation.
Retenir que l'objectif n'est pas de connaître « une liste d'œuvres » par cœur, mais de savoir expliquer en quoi une œuvre répond à une question donnée.

Exemple
Le questionnement de 5e intitulé « Le monstre, aux limites de l'humain » interroge ce qui sépare l'humain de ce qui ne l'est pas. Explique pourquoi le personnage du Cyclope dans l'Odyssée d'Homère peut être rattaché à ce questionnement.

Corrigé pas à pas
Le Cyclope est un être qui ressemble physiquement à un géant humain (il a un corps, une voix, il mange, il parle), mais son unique œil, sa force monstrueuse et son absence de règles sociales (il dévore ses hôtes au lieu de les accueillir, comme le veut la tradition grecque de l'hospitalité) le placent « aux limites de l'humain » : il n'est ni tout à fait un homme, ni tout à fait un animal ou un dieu. Étudier ce personnage permet de réfléchir à une question plus large : qu'est-ce qui définit vraiment l'humanité (le corps, la raison, le respect des règles de vie en société) ? C'est exactement le rôle d'un questionnement : partir d'une œuvre précise pour nourrir une réflexion universelle.

Erreurs fréquentes
Confondre « questionnement » et « genre littéraire » : un questionnement n'est pas un genre (roman, poésie...), il peut regrouper plusieurs genres autour d'une même question.
Croire que les textes étudiés au collège suivent l'ordre chronologique de l'histoire littéraire : c'est le cas au lycée, pas au cycle 4.
Réduire un questionnement à une seule œuvre exemple, alors qu'il doit permettre de comparer plusieurs œuvres, y compris des œuvres d'art (peinture, cinéma).
Penser qu'il faut mémoriser des dates précises d'œuvres plutôt que comprendre le lien entre l'œuvre et la question posée.

Les grands questionnements organisés par niveau (5e, 4e, 3e)

Le programme du cycle 4 répartit quatre questionnements par année, en veillant à une progression : en 5e, les questions portent souvent sur la découverte de l'autre et de soi (le voyage, la famille, le monstre, l'imaginaire) ; en 4e, sur les tensions entre l'individu et la société (l'amour, la fiction face au réel, les valeurs, l'information) ; en 3e, sur la construction de soi et le regard sur le monde (se chercher, dénoncer les travers de la société, la poésie, le progrès). Cette progression va du proche (soi, la famille) vers le plus large (la société, le monde).

Méthode
Associer chaque questionnement à l'idée générale qu'il porte, plutôt qu'à une liste d'œuvres figée.
Repérer la progression du cycle : de la découverte de soi et de l'autre (5e) vers les tensions sociales (4e) puis la construction de l'individu et le regard critique sur le monde (3e).
Utiliser cette organisation pour mieux comprendre pourquoi un texte étudié en classe est présenté avec d'autres œuvres, parfois très différentes en apparence.

Exemple
Voici, à titre d'exemples, les quatre questionnements associés à la classe de 3e : « Se chercher, se construire », « Dénoncer les travers de la société », « Visions poétiques du monde », « Agir sur le monde (progrès et rêves scientifiques) ». Explique en une phrase ce que chacun invite à étudier.

Corrigé pas à pas
« Se chercher, se construire » invite à étudier des textes où un personnage (souvent un adolescent) apprend à se connaître et à affirmer son identité. « Dénoncer les travers de la société » invite à étudier des textes qui critiquent des défauts sociaux (injustice, hypocrisie, inégalités) souvent avec de l'ironie ou de la satire. « Visions poétiques du monde » invite à étudier comment la poésie transforme le regard porté sur la réalité, par les images et les sonorités. « Agir sur le monde » invite à étudier des textes qui interrogent les espoirs et les dangers liés aux progrès techniques et scientifiques.

Erreurs fréquentes
Croire que les quatre questionnements d'une année sont indépendants les uns des autres : ils peuvent se compléter (un même texte peut parfois nourrir deux questionnements).
Mélanger les niveaux : un questionnement précis (par exemple « Dire l'amour ») est associé à une année donnée, pas choisi au hasard.
Oublier que le nombre total sur le cycle est de douze questionnements (quatre par niveau, sur trois niveaux) : ni plus, ni moins.

Savoir-faire

Rattacher un texte à un questionnement du programme

  1. Lire le texte et identifier son sujet principal : qui sont les personnages, que vivent-ils, quel problème ou quelle situation est mis en avant ?
  2. Se demander quelle grande question humaine ce sujet permet d'ouvrir (le rapport à l'inconnu, à la différence, à la société, à soi-même, au progrès...).
  3. Comparer cette question avec les intitulés des questionnements connus (par exemple « Le monstre, aux limites de l'humain », « Se chercher, se construire »...).
  4. Justifier le choix en citant un ou deux éléments précis du texte (une phrase, une action du personnage, un détail) qui montrent le lien avec la question retenue.

Exemple
Un texte raconte l'histoire d'un adolescent qui se déguise et change d'attitude selon les personnes qu'il rencontre, cherchant qui il est vraiment.

Corrigé pas à pas
Étape 1 : le texte montre un adolescent qui change de comportement selon les situations. Étape 2 : cela pose la question de l'identité, de la difficulté à savoir qui l'on est vraiment. Étape 3 : cette question correspond au questionnement de 3e « Se chercher, se construire ». Étape 4 : le texte peut donc être rattaché à ce questionnement, car le personnage cherche activement, à travers ses changements d'attitude, à comprendre sa propre personnalité.

Mettre en réseau un texte et une œuvre d'art autour d'un même questionnement

  1. Identifier la question commune que soulèvent le texte et l'œuvre d'art (peinture, sculpture, photographie, extrait de film).
  2. Décrire précisément ce que montre l'œuvre d'art (personnages, couleurs, composition, atmosphère) sans se contenter d'un jugement vague comme « c'est beau » ou « c'est triste ».
  3. Relever un ou plusieurs points de ressemblance ou de différence entre le texte et l'œuvre d'art sur la question posée.
  4. Conclure en expliquant ce que l'association des deux œuvres apporte de plus qu'une œuvre seule pour comprendre la question.

Exemple
Le questionnement est « Le monstre, aux limites de l'humain ». On associe un extrait de conte décrivant une créature mi-homme mi-bête à une sculpture représentant un centaure (être à corps de cheval et buste humain).

Corrigé pas à pas
La question commune est : où se situe la limite entre l'humain et le non-humain ? La sculpture montre un être dont le buste, les bras et le visage sont humains, tandis que le reste du corps est celui d'un cheval : cette union physique donne à voir concrètement, par la forme même de la sculpture, ce que le conte raconte par les mots. Le texte insiste sur les sentiments et les pensées de la créature (elle souffre d'être rejetée), alors que la sculpture insiste sur l'aspect visuel du mélange homme/animal. En comparant les deux œuvres, on comprend que la question du « monstre » ne se limite pas à l'apparence physique : elle touche aussi à la manière dont un être est perçu et accepté par les autres.

Mémento

Le principe des questionnements

Exemples de questionnements par niveau

Méthode pour analyser un texte à travers un questionnement

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Sources du programme : Bulletin officiel — programme de français, cycle 4 (Eduscol)