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La question de grammaire (analyse syntaxique)

Français · Seconde · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).

Ce chapitre est aussi au programme de : Première — c'est le même cours.

L'essentiel

La phrase simple et la phrase complexe : compter et relier les propositions

Une phrase simple ne contient qu'un seul verbe conjugué : elle forme une seule proposition. Une phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions, reliées entre elles de trois façons possibles : la juxtaposition (simple ponctuation : virgule, point-virgule, deux-points), la coordination (au moyen d'une conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou la subordination (une proposition subordonnée dépend d'une proposition dont elle ne peut être séparée sans perdre son sens complet).

Méthode
Repérer tous les verbes conjugués de la phrase : on obtient autant de propositions que de verbes conjugués.
Délimiter les frontières de chaque proposition, du début de son groupe sujet jusqu'au mot qui précède la proposition suivante.
Identifier le lien entre les propositions : ponctuation seule (juxtaposition), conjonction de coordination (coordination), ou mot subordonnant comme « que », « qui », « quand », « si », « parce que » (subordination).
Nommer chaque proposition selon son statut : proposition indépendante, proposition principale (elle a une subordonnée qui dépend d'elle), proposition subordonnée (et préciser son type), ou proposition coordonnée.

Exemple
Analysez en propositions la phrase suivante : « Quand la nuit tombe, les promeneurs rentrent chez eux, mais certains s'attardent encore sur la place. »

Corrigé pas à pas
On compte trois verbes conjugués : « tombe », « rentrent », « s'attardent » ; il y a donc trois propositions.
1) « Quand la nuit tombe » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps, introduite par « quand », dépendant de la proposition suivante.
2) « les promeneurs rentrent chez eux » : proposition principale, car c'est d'elle que dépend la subordonnée temporelle.
3) « mais certains s'attardent encore sur la place » : proposition coordonnée à la principale par la conjonction de coordination « mais ».

Erreurs fréquentes
Confondre le nombre de propositions avec le nombre de virgules : une virgule peut simplement séparer des éléments dans une énumération, sans introduire une nouvelle proposition.
Confondre proposition principale et proposition indépendante : une principale possède une subordonnée qui dépend d'elle, tandis qu'une indépendante n'a aucune subordonnée et ne dépend d'aucune autre proposition.
Oublier de vérifier le mot de liaison : « car » est une conjonction de coordination (elle relie deux propositions de même statut), et non un mot subordonnant.

Les propositions subordonnées : identifier leur nature et leur fonction

Une proposition subordonnée dépend toujours d'un autre élément de la phrase et ne peut, en général, fonctionner seule. On distingue plusieurs natures selon le mot qui l'introduit : la relative (introduite par un pronom relatif : qui, que, dont, où, lequel...), qui complète un nom appelé antécédent ; la conjonctive complétive (introduite par « que »), qui dépend le plus souvent d'un verbe d'opinion, de parole ou de sentiment ; la conjonctive circonstancielle (introduite par une conjonction de subordination : quand, parce que, bien que, si, comme...), qui exprime une circonstance (temps, cause, condition, concession, but...) ; l'interrogative indirecte (introduite par « si » ou un mot interrogatif : pourquoi, comment, où...), qui dépend d'un verbe comme demander, ignorer, se demander.

Méthode
Repérer le mot subordonnant qui ouvre la proposition (pronom relatif, conjonction de subordination, mot interrogatif).
Déterminer la nature de la subordonnée à partir de la catégorie de ce mot subordonnant.
Repérer le mot ou la proposition dont dépend la subordonnée (un nom pour une relative, un verbe pour une complétive, une circonstancielle ou une interrogative indirecte).
En déduire la fonction de la subordonnée : complément de l'antécédent pour une relative, COD le plus souvent pour une complétive ou une interrogative indirecte, complément circonstanciel pour une circonstancielle.

Exemple
Analysez la nature et la fonction de la subordonnée dans : « Le livre que tu m'as prêté est passionnant. »

Corrigé pas à pas
« que tu m'as prêté » est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « que », qui reprend l'antécédent « livre ». Sa fonction est complément de l'antécédent « livre » (elle joue le rôle d'une épithète développée du nom).

Erreurs fréquentes
Confondre le « que » pronom relatif et le « que » conjonction de subordination : le pronom relatif reprend toujours un antécédent nominal précis, tandis que la conjonction introduit une complétive sans reprendre aucun nom.
Attribuer automatiquement la fonction COD à toute subordonnée introduite par « que » : certaines subordonnées en « que » sont en réalité des circonstancielles de conséquence ou de comparaison (exemple : « Il est si fatigué qu'il s'endort »).
Confondre une circonstancielle de cause et une circonstancielle de temps quand le mot subordonnant se prête aux deux sens, comme « comme » (« Comme il faisait beau, nous sommes sortis » = cause ; ne pas confondre avec un emploi temporel qui exigerait un autre contexte).

Les fonctions grammaticales essentielles dans la proposition

L'analyse syntaxique suppose de savoir distinguer les fonctions clés : le sujet (celui qui fait l'action ou qui est dans l'état exprimé par le verbe), le complément d'objet direct (COD) et le complément d'objet indirect (COI) (compléments du verbe transitif, sans ou avec préposition obligatoire), l'attribut du sujet (après un verbe d'état comme être, sembler, devenir), le complément circonstanciel (précise les circonstances : temps, lieu, cause, manière...), le complément du nom (introduit par une préposition), l'épithète (adjectif directement accolé au nom) et l'apposition (groupe détaché par une virgule désignant le même être ou objet).

Méthode
Repérer le verbe conjugué et poser la question « qui est-ce qui... ? » ou « qu'est-ce qui... ? » pour trouver le sujet.
Vérifier si le verbe admet un complément sans préposition (COD) ou avec une préposition obligatoire à/de (COI), en testant le remplacement par un pronom : le/la/les pour le COD, lui/leur/y/en pour le COI.
Vérifier si le verbe est un verbe d'état (être, sembler, paraître, devenir, rester) : dans ce cas, le complément est un attribut du sujet, remplaçable par « le » invariable.
Chercher les groupes mobiles et supprimables répondant à quand, où, comment, pourquoi : ce sont des compléments circonstanciels.
Distinguer, pour un groupe qui complète un nom, le complément du nom (introduit par une préposition), l'épithète (adjectif accolé sans virgule) et l'apposition (groupe détaché par une virgule).

Exemple
Analysez les fonctions dans : « Fatigués par leur voyage, les randonneurs, épuisés, ont installé leur tente près de la rivière. »

Corrigé pas à pas
« Fatigués par leur voyage » : apposition détachée, se rapportant au sujet « les randonneurs ». « les randonneurs » : sujet du verbe « ont installé ». « épuisés » : apposition détachée (épithète détachée) du sujet « les randonneurs ». « leur tente » : COD du verbe « ont installé ». « près de la rivière » : complément circonstanciel de lieu du verbe « ont installé ».

Erreurs fréquentes
Confondre COD et attribut du sujet : le COD se remplace par le/la/les, alors que l'attribut du sujet, qui suit un verbe d'état, se remplace par « le » invariable (exemple : « Elle est heureuse » devient « Elle l'est »).
Confondre complément du nom et épithète : le complément du nom est toujours introduit par une préposition (« le livre de Paul »), tandis que l'épithète est un adjectif directement accolé au nom, sans préposition (« le grand livre »).
Oublier qu'une apposition, comme une épithète détachée, est toujours isolée par une virgule et peut être supprimée sans rendre la phrase agrammaticale, contrairement à un complément essentiel comme le COD.

Savoir-faire

Compter et délimiter les propositions d'une phrase complexe

  1. Souligner tous les verbes conjugués de la phrase : leur nombre donne le nombre de propositions.
  2. Tracer une frontière avant chaque nouveau verbe conjugué pour délimiter le début de chaque proposition.
  3. Observer le mot ou le signe qui relie deux propositions consécutives : une simple ponctuation signale une juxtaposition, une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) signale une coordination, un mot subordonnant (que, qui, quand, si, parce que...) signale une subordination.
  4. Nommer chaque proposition : indépendante, principale, subordonnée (en précisant son type) ou coordonnée.

Exemple
« Comme il pleuvait, nous sommes restés à la maison et nous avons lu un roman. »

Corrigé pas à pas
Trois verbes conjugués : « pleuvait », « sommes restés », « avons lu ». 1) « Comme il pleuvait » : subordonnée conjonctive circonstancielle de cause, introduite par « comme ». 2) « nous sommes restés à la maison » : proposition principale (la subordonnée de cause en dépend). 3) « et nous avons lu un roman » : proposition coordonnée à la principale par « et ».

Identifier la nature et la fonction d'une subordonnée

  1. Repérer le mot subordonnant en tête de la proposition (pronom relatif, conjonction de subordination, mot interrogatif) et souligner toute la subordonnée jusqu'à la fin de son groupe.
  2. Déterminer la nature d'après ce mot : pronom relatif -> relative ; conjonction de subordination -> circonstancielle ; « que » sans antécédent après un verbe d'opinion ou de déclaration -> complétive ; « si » ou mot interrogatif après un verbe comme demander -> interrogative indirecte.
  3. Chercher le mot ou la proposition dont dépend la subordonnée : un nom pour une relative, un verbe pour les autres types.
  4. Poser la question de fonction adaptée : « quel nom la subordonnée complète-t-elle ? » pour une relative (complément de l'antécédent) ; « que fait la subordonnée par rapport au verbe ? » pour une complétive ou une interrogative indirecte (souvent COD) ; « quelle circonstance exprime-t-elle ? » pour une circonstancielle (complément circonstanciel).

Exemple
« Il ignore pourquoi ses collègues sont arrivés en retard. »

Corrigé pas à pas
« pourquoi ses collègues sont arrivés en retard » est une proposition subordonnée interrogative indirecte, introduite par le mot interrogatif « pourquoi », qui dépend du verbe « ignore ». Sa fonction est complément d'objet direct (COD) du verbe « ignore ».

Distinguer COD, COI et attribut du sujet

  1. Repérer le verbe conjugué et le groupe de mots qui le suit immédiatement.
  2. Vérifier si ce groupe est introduit par une préposition obligatoire à ou de : dans ce cas, c'est un COI ; sinon, c'est un COD.
  3. Vérifier si le verbe est un verbe d'état (être, sembler, paraître, devenir, rester, demeurer) : dans ce cas, le groupe qui suit n'est ni COD ni COI mais un attribut du sujet.
  4. Confirmer par le test de la pronominalisation : COD -> le/la/les ; COI -> lui/leur/y/en ; attribut du sujet -> le invariable.

Exemple
Analysez les groupes soulignés dans : « Elle semble satisfaite de son travail. » et « Elle félicite son collègue. »

Corrigé pas à pas
Dans « Elle semble satisfaite de son travail », « semble » est un verbe d'état ; « satisfaite de son travail » est donc attribut du sujet « elle » (on peut dire « Elle l'est »). Dans « Elle félicite son collègue », « félicite » est un verbe transitif direct ; « son collègue » est donc COD (on peut dire « Elle le félicite »).

Mémento

Les propositions et leurs liens

Les types de propositions subordonnées

Les fonctions à ne pas confondre

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Sources du programme : Bulletin officiel de l'éducation nationale — programme de français, classe de seconde générale et technologique · Repères Eduscol — étude de la langue au lycée (grammaire de phrase)