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Les figures de style

Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).

Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.

L'essentiel

À maîtriser avant : Compréhension et interprétation d'un texte littéraire · Lexique : formation et sens des mots, champ lexical

Qu'est-ce qu'une figure de style ? Les figures de ressemblance

Une figure de style est un procédé d'écriture qui exprime une idée de façon originale, imagée ou expressive, pour produire un effet particulier chez le lecteur (faire voir, faire ressentir, insister, surprendre). Parmi ces figures, certaines reposent sur une ressemblance entre deux éléments : la comparaison, la métaphore et la personnification.

Méthode
Repérer les mots ou l'expression qui sortent de l'usage habituel de la langue (sens propre détourné, mot inattendu, répétition...).
Identifier à quelle grande catégorie appartient le procédé (ressemblance, opposition, insistance, substitution, sonorité).
Nommer précisément la figure de style avec le vocabulaire appris.
Expliquer l'effet produit sur le lecteur (image créée, sentiment renforcé, idée mise en valeur).

Exemple
Dans la phrase « Cet homme est un vrai renard », quelle figure de style reconnais-tu, et quel effet produit-elle ?

Corrigé pas à pas
Cette phrase rapproche l'homme et le renard sans outil de comparaison (pas de « comme »), en affirmant directement qu'il « est » un renard : c'est une métaphore. Le renard est connu dans la culture pour sa ruse ; cette métaphore souligne donc que l'homme est rusé, peut-être même un peu trompeur. L'effet est plus fort et plus rapide qu'une simple explication (« cet homme est rusé »), car l'image du renard parle immédiatement à l'imagination du lecteur.

Erreurs fréquentes
Confondre comparaison et métaphore : la comparaison utilise toujours un outil de comparaison visible (comme, tel que, pareil à, ressembler à...), la métaphore n'en utilise aucun.
Croire qu'une personnification concerne seulement les animaux : elle donne des caractéristiques humaines à une chose ou une idée (le vent qui « hurle », la ville qui « dort »), pas seulement à un animal.
Se contenter de dire « il y a une métaphore » sans jamais expliquer l'effet produit, alors que c'est justement ce qui est attendu dans l'analyse.

Les figures d'opposition et d'insistance

Certaines figures de style servent à opposer deux idées contraires pour créer un contraste, ou à insister sur une idée pour la renforcer ou, au contraire, l'atténuer. On retrouve dans cette catégorie l'antithèse, l'oxymore, l'hyperbole, la litote et l'euphémisme.

Méthode
Repérer si le texte met en avant un contraste entre deux mots ou groupes de mots opposés.
Vérifier si ces mots opposés sont dans deux groupes différents (antithèse) ou collés l'un à l'autre (oxymore).
Si le texte exagère une idée, penser à l'hyperbole ; si au contraire il dit moins pour suggérer plus, penser à la litote ; si le texte adoucit une réalité désagréable, penser à l'euphémisme.
Justifier le choix en citant précisément les mots du texte.

Exemple
Identifie la figure de style dans chacune des expressions suivantes puis explique l'effet produit : a) « Va, je ne te hais point » ; b) « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ».

Corrigé pas à pas
a) « Je ne te hais point » signifie en réalité « je t'aime », mais le personnage dit moins pour suggérer davantage : c'est une litote. L'effet est de faire deviner un sentiment fort tout en gardant une certaine pudeur, une retenue dans les mots. b) « Obscure clarté » associe deux mots contraires (obscur et clarté) juste à côté l'un de l'autre dans le même groupe de mots : c'est un oxymore. L'effet est de créer une image mystérieuse et troublante, celle d'une lumière faible qui n'éclaire presque pas.

Erreurs fréquentes
Confondre antithèse et oxymore : l'antithèse oppose deux idées contraires dans deux groupes de mots différents de la phrase (« Tu es riche, il est pauvre »), alors que l'oxymore réunit deux mots contraires collés l'un à l'autre (« un silence assourdissant »).
Croire que l'hyperbole et la litote ont le même objectif : l'hyperbole exagère pour amplifier une idée, la litote dit moins pour suggérer plus ; elles produisent donc des effets opposés.
Ne pas repérer l'euphémisme parce qu'il ne « saute pas aux yeux » : il sert justement à adoucir une réalité dure (dire « il nous a quittés » plutôt que « il est mort »), donc il passe presque inaperçu.

Les figures de substitution, de répétition et de sonorité

D'autres figures de style remplacent un mot par une expression plus longue (la périphrase), répètent un mot ou un groupe de mots pour insister (l'anaphore), organisent des mots par intensité croissante ou décroissante (la gradation), ou jouent sur les sons (l'allitération et l'assonance).

Méthode
Vérifier si un mot courant est remplacé par une expression qui le décrit autrement : c'est une périphrase.
Repérer si un même mot ou groupe de mots revient en début de phrase ou de vers : c'est une anaphore.
Observer si une liste de mots progresse du plus faible au plus fort, ou l'inverse : c'est une gradation.
Écouter les sons répétés : des consonnes répétées forment une allitération, des voyelles répétées forment une assonance.

Exemple
Dans le vers « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? », quelle figure de style entends-tu, et quel effet produit-elle ?

Corrigé pas à pas
Le son [s] revient plusieurs fois dans « serpents » et « sifflent » : c'est une allitération en [s]. Cette répétition imite par les sons le sifflement des serpents évoqués dans la phrase ; le lecteur « entend » presque le bruit du sifflement en lisant le vers, ce qui rend l'image plus effrayante et plus vivante.

Erreurs fréquentes
Confondre allitération et assonance : l'allitération répète des consonnes (b, s, r, f...), l'assonance répète des voyelles (a, i, ou...) ; elles ne portent pas sur le même type de son.
Oublier qu'une périphrase doit toujours pouvoir être remplacée par le mot simple qu'elle désigne (« l'astre du jour » pour le soleil) ; si l'expression ne peut pas être ramenée à un mot précis, ce n'est pas une périphrase.
Confondre anaphore et simple répétition maladroite : l'anaphore est une répétition volontaire et organisée, souvent en tout début de phrase ou de vers, dans un but d'insistance, et non une répétition due à un manque de vocabulaire.

Savoir-faire

Distinguer comparaison et métaphore

  1. Chercher s'il y a un outil de comparaison explicite (comme, tel que, semblable à, pareil à, ressembler à...).
  2. Si l'outil est présent et relie clairement le comparé (l'élément décrit) et le comparant (l'image utilisée), c'est une comparaison.
  3. Si aucun outil n'est présent et que le texte affirme directement que le comparé « est » le comparant, c'est une métaphore.
  4. Identifier le comparé et le comparant dans les deux cas, pour vérifier la ressemblance suggérée.

Exemple
Transforme la comparaison « Ses yeux brillaient comme des étoiles » en métaphore.

Corrigé pas à pas
On supprime l'outil de comparaison « comme » et on relie directement les deux éléments : « Ses yeux étaient des étoiles ». Le comparé (ses yeux) et le comparant (des étoiles) sont désormais associés sans aucun outil de comparaison : c'est bien une métaphore.

Repérer et nommer une figure de style dans un texte

  1. Lire la phrase ou le vers en cherchant un mot ou une expression qui semble étrange, inattendu ou exagéré par rapport à l'usage habituel de la langue.
  2. Se demander si deux éléments sont rapprochés par ressemblance (comparaison, métaphore, personnification).
  3. Se demander si deux idées s'opposent, ou si une idée est exagérée ou atténuée (antithèse, oxymore, hyperbole, litote, euphémisme).
  4. Se demander si un mot est remplacé ou répété, ou si des sons se répètent (périphrase, anaphore, gradation, allitération, assonance).
  5. Nommer la figure trouvée et expliquer l'effet qu'elle produit sur le lecteur.

Exemple
Identifie la figure de style dans « Cette montagne de travail m'effraie » et explique l'effet produit.

Corrigé pas à pas
L'expression « montagne de travail » désigne une grande quantité de travail en l'associant à une montagne, qui est énorme : c'est une métaphore, car aucun outil de comparaison n'est utilisé, l'association est directe. L'effet est de faire ressentir au lecteur une impression d'écrasement, de difficulté immense, comme si cette quantité de travail était une véritable montagne à gravir.

Mémento

Les figures de ressemblance

Les figures d'opposition et d'exagération

Les figures de substitution, de répétition et de sonorité

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Sources du programme : Programme Eduscol cycle 4 — français