Discours direct et discours indirect
Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).
Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.
L'essentiel
- Un verbe de parole annonce les paroles rapportées : dire, demander, répondre, s'écrier, ajouter...
- Un deux-points (précédé d'une espace) introduit les paroles.
- Les paroles sont encadrées par des guillemets français « » (avec une espace à l'intérieur, juste après « et juste avant »).
À maîtriser avant : Propositions : indépendante, principale, subordonnée (relative, conjonctive) · Valeurs des temps et des modes (indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif)
Le discours direct : reproduire des paroles telles quelles
Le discours direct reproduit exactement les paroles prononcées par quelqu'un. On les reconnaît grâce à des marques précises : un verbe de parole (dire, demander, répondre, s'écrier, ajouter...), un deux-points, des guillemets français « » qui encadrent les paroles rapportées, et parfois des tirets quand plusieurs personnes parlent dans un dialogue.
Méthode
Repérer le verbe de parole (dire, demander, répondre, s'écrier...) qui annonce que des paroles vont être rapportées.
Placer un deux-points après le verbe de parole (précédé d'une espace en français).
Encadrer les paroles rapportées par des guillemets français « », avec une espace à l'intérieur, juste après « et juste avant ».
Conserver la ponctuation propre à la phrase rapportée (point, point d'exclamation, point d'interrogation) à l'intérieur des guillemets.
Exemple
Rédige au discours direct la situation suivante : Marie annonce à Paul qu'elle viendra le lendemain avec son frère.
Corrigé pas à pas
Marie dit à Paul : « Je viendrai demain avec mon frère. »
On retrouve bien les marques du discours direct : le verbe de parole « dit », le deux-points, les guillemets français, et les paroles conservées telles que Marie les prononcerait réellement (avec « je », « demain », le futur simple).
Erreurs fréquentes
Oublier l'espace avant le deux-points et à l'intérieur des guillemets français.
Oublier la majuscule au début des paroles rapportées, juste après le guillemet ouvrant.
Confondre les guillemets français « » avec des guillemets anglais, qui ne s'utilisent pas de la même façon dans un texte scolaire en français.
Le discours indirect : rapporter des paroles dans une subordonnée
Le discours indirect rapporte des paroles sans les guillemets ni le deux-points : elles deviennent une proposition subordonnée, introduite le plus souvent par « que », dépendante d'un verbe de parole. Cette transformation entraîne plusieurs changements : les pronoms personnels et les déterminants possessifs changent selon qui parle, le temps du verbe change si le verbe introducteur est au passé (concordance des temps), et les indicateurs de temps ou de lieu peuvent aussi changer.
Méthode
Supprimer les guillemets et le deux-points.
Ajouter la conjonction « que » (ou « qu' » devant une voyelle) pour introduire la parole rapportée.
Changer les pronoms personnels et les déterminants possessifs selon la personne qui parle réellement dans la nouvelle phrase.
Appliquer la concordance des temps si le verbe introducteur est au passé : le présent devient un imparfait, le futur simple devient un conditionnel présent, le passé composé devient un plus-que-parfait.
Adapter les indicateurs de temps et de lieu si le moment où l'on rapporte les paroles est différent du moment où elles ont été prononcées (par exemple « demain » peut devenir « le lendemain »).
Exemple
Transforme au discours indirect : Marie a dit à Paul : « Je viendrai demain avec mon frère. »
Corrigé pas à pas
Marie a dit à Paul qu'elle viendrait le lendemain avec son frère.
Étape par étape : on supprime les guillemets et le deux-points, on ajoute « que » ; le verbe introducteur « a dit » est au passé composé, donc on applique la concordance des temps : le futur simple « viendrai » devient un conditionnel présent « viendrait » ; le pronom « je » devient « elle » car c'est Marie qui parlait ; le possessif « mon » devient « son » ; l'indicateur de temps « demain » devient « le lendemain » puisqu'on rapporte ces paroles après coup.
Erreurs fréquentes
Oublier la concordance des temps quand le verbe introducteur est au passé (garder le futur au lieu du conditionnel, par exemple).
Oublier de changer les pronoms et les possessifs, ce qui rend la phrase incohérente (« elle a dit qu'elle viendrait... avec mon frère » au lieu de « son frère »).
Oublier d'adapter les indicateurs de temps et de lieu quand c'est nécessaire.
Le cas particulier de la question : l'interrogation indirecte
Quand les paroles rapportées forment une question, la transformation au discours indirect suit des règles spécifiques : on supprime le point d'interrogation et l'inversion sujet-verbe (ou « est-ce que »). Pour une question fermée (réponse oui/non), on utilise « si ». Pour une question ouverte, on garde le mot interrogatif (qui, quand, où, pourquoi, comment...), mais « que » ou « qu'est-ce que » devient « ce que », et « qu'est-ce qui » devient « ce qui ».
Méthode
Supprimer le point d'interrogation, ainsi que l'inversion sujet-verbe ou la formule « est-ce que ».
Rétablir l'ordre normal de la phrase : sujet, puis verbe.
Si la question attend une réponse par oui ou par non, introduire la subordonnée par « si ».
Si la question contient un mot interrogatif (qui, quand, où, pourquoi, comment...), le conserver tel quel.
Transformer « que »/« qu'est-ce que » en « ce que », et « qu'est-ce qui » en « ce qui ».
Appliquer aussi, comme pour une déclaration, les changements de pronoms, de possessifs, la concordance des temps et l'adaptation des indicateurs de temps ou de lieu si nécessaire.
Exemple
Transforme au discours indirect : Tom a demandé à Sarah : « Est-ce que tu viens avec moi demain ? »
Corrigé pas à pas
Tom a demandé à Sarah si elle venait avec lui le lendemain.
C'est une question fermée (réponse oui/non), donc on utilise « si » ; on supprime le point d'interrogation et « est-ce que » ; le pronom « tu » devient « elle » (Sarah), et « moi » devient « lui » (Tom) ; le verbe introducteur « a demandé » est au passé, donc concordance des temps : le présent « viens » devient l'imparfait « venait » ; l'indicateur « demain » devient « le lendemain ».
Erreurs fréquentes
Garder le point d'interrogation dans la phrase transformée alors qu'il n'y a plus de question directement posée.
Garder l'inversion sujet-verbe (« vient-elle ») au lieu de rétablir l'ordre normal (« elle venait »).
Oublier de transformer « qu'est-ce que » en « ce que » ou « qu'est-ce qui » en « ce qui ».
Savoir-faire
Passer d'une déclaration au discours direct au discours indirect
- Repérer le verbe introducteur et son temps (présent, passé, futur).
- Supprimer les guillemets et le deux-points, ajouter « que » (ou « qu' »).
- Changer les pronoms personnels et les déterminants possessifs selon qui parle réellement.
- Si le verbe introducteur est au passé, appliquer la concordance des temps : présent devient imparfait, futur simple devient conditionnel présent, passé composé devient plus-que-parfait.
- Adapter les indicateurs de temps et de lieu si le moment de la parole rapportée diffère du moment où l'on rapporte.
Exemple
Transforme au discours indirect : Il a affirmé : « Je suis très fatigué et je rentre tout de suite chez moi. »
Corrigé pas à pas
Il a affirmé qu'il était très fatigué et qu'il rentrait tout de suite chez lui.
On supprime les guillemets et le deux-points, on introduit chaque proposition par « que » ; le pronom « je » devient « il », le possessif « moi » devient « lui » ; le verbe introducteur « a affirmé » est au passé, donc concordance des temps : le présent « suis » devient l'imparfait « était », le présent « rentre » devient l'imparfait « rentrait ».
Transformer une interrogation directe en interrogation indirecte
- Identifier si la question est fermée (réponse oui/non) ou ouverte (avec un mot interrogatif).
- Supprimer le point d'interrogation et l'inversion sujet-verbe (ou « est-ce que »), rétablir l'ordre sujet puis verbe.
- Pour une question fermée, introduire la subordonnée par « si ».
- Pour une question ouverte, garder le mot interrogatif (qui, quand, où, pourquoi, comment...).
- Transformer « que »/« qu'est-ce que » en « ce que », et « qu'est-ce qui » en « ce qui ».
- Appliquer les changements de pronoms, de possessifs, la concordance des temps et l'adaptation des indicateurs de temps ou de lieu si nécessaire.
Exemple
Transforme au discours indirect : Le professeur a demandé : « Qu'est-ce que tu fais pendant les vacances ? » (le professeur s'adresse à un seul élève, que l'on désignera par « il »)
Corrigé pas à pas
Le professeur a demandé ce qu'il faisait pendant les vacances.
« Qu'est-ce que » devient « ce que » ; on supprime le point d'interrogation et l'inversion, on rétablit l'ordre sujet-verbe ; le pronom « tu » devient « il » ; le verbe introducteur « a demandé » est au passé, donc le présent « fais » devient l'imparfait « faisait ».
Adapter les indicateurs de temps et de lieu
- Repérer dans la phrase au discours direct les mots qui indiquent le moment ou le lieu (aujourd'hui, hier, demain, ici, maintenant, ce matin...).
- Se demander si le moment où l'on rapporte les paroles est le même que celui où elles ont été prononcées.
- Si les moments sont différents (ce qui est fréquent avec un verbe introducteur au passé), remplacer l'indicateur par son équivalent : aujourd'hui devient ce jour-là, hier devient la veille, demain devient le lendemain, ici devient là, maintenant devient alors (ou à ce moment-là), ce matin devient ce matin-là.
- Si les moments restent identiques (verbe introducteur au présent, parole rapportée immédiatement), on peut garder l'indicateur tel quel.
Exemple
Transforme au discours indirect : Il a dit : « Je pars demain et je reviendrai ici dans une semaine. »
Corrigé pas à pas
Il a dit qu'il partait le lendemain et qu'il reviendrait là dans une semaine.
Le verbe introducteur « a dit » est au passé, donc on adapte les indicateurs : « demain » devient « le lendemain », « ici » devient « là » ; on applique aussi la concordance des temps : le présent « pars » devient l'imparfait « partait », le futur simple « reviendrai » devient le conditionnel présent « reviendrait ».
Mémento
Reconnaître le discours direct
- Un verbe de parole annonce les paroles rapportées : dire, demander, répondre, s'écrier, ajouter...
- Un deux-points (précédé d'une espace) introduit les paroles.
- Les paroles sont encadrées par des guillemets français « » (avec une espace à l'intérieur, juste après « et juste avant »).
- La ponctuation propre à la phrase rapportée (point, point d'exclamation, point d'interrogation) est conservée à l'intérieur des guillemets.
La concordance des temps au discours indirect
- Si le verbe introducteur est au présent ou au futur : aucun changement de temps dans la parole rapportée.
- Si le verbe introducteur est au passé : le présent devient un imparfait.
- Si le verbe introducteur est au passé : le futur simple devient un conditionnel présent.
- Si le verbe introducteur est au passé : le passé composé devient un plus-que-parfait.
Pronoms, possessifs et indicateurs de temps/lieu à adapter
- Les pronoms personnels et les déterminants possessifs changent selon qui parle réellement dans la nouvelle phrase (je devient il/elle, mon devient son...).
- aujourd'hui devient ce jour-là ; hier devient la veille ; demain devient le lendemain.
- ici devient là ; maintenant devient alors (ou à ce moment-là).
- Pour une question : « si » introduit une question fermée ; le mot interrogatif (qui, quand, où, pourquoi, comment) est conservé pour une question ouverte ; « qu'est-ce que »/« que » devient « ce que » ; « qu'est-ce qui » devient « ce qui ».
S'entraîner sur ce chapitre
Sources du programme : Programme Eduscol cycle 4 — français · Bulletin officiel — français, cycle 4