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Propositions : indépendante, principale, subordonnée (relative, conjonctive)

Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).

Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.

L'essentiel

À maîtriser avant : Phrase simple et phrase complexe ; types et formes de phrases · Fonctions grammaticales · Classes grammaticales (nature des mots)

Reconnaître les propositions dans une phrase complexe

Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Une phrase simple ne contient qu'une seule proposition : on l'appelle proposition indépendante. Une phrase complexe contient plusieurs propositions. Quand aucune proposition ne dépend d'une autre, on a plusieurs propositions indépendantes (juxtaposées ou coordonnées). Quand une proposition dépend grammaticalement d'une autre, celle qui la commande s'appelle proposition principale, et celle qui dépend s'appelle proposition subordonnée : elle ne peut pas former une phrase à elle seule.

Méthode
Repérer tous les verbes conjugués de la phrase : en général, il y a autant de propositions que de verbes conjugués.
Délimiter le groupe de mots qui entoure chaque verbe conjugué : c'est une proposition.
Regarder ce qui relie les propositions entre elles : une simple virgule ou une conjonction de coordination (et, mais, ou, donc, or, ni, car) relie des propositions indépendantes ; un pronom relatif ou une conjonction de subordination introduit une subordonnée qui dépend d'une principale.
Vérifier qu'une proposition subordonnée ne peut pas être isolée sans perdre son sens, contrairement à une indépendante.

Exemple
Analyse la phrase suivante : « Le chat dort et le chien joue. » puis compare-la à : « J'aime le livre que tu m'as offert. »

Corrigé pas à pas
Dans « Le chat dort et le chien joue », il y a deux verbes conjugués (« dort », « joue »), donc deux propositions : « Le chat dort » et « le chien joue ». Elles sont reliées par la conjonction de coordination « et » et chacune pourrait former une phrase seule : ce sont deux propositions indépendantes coordonnées.
Dans « J'aime le livre que tu m'as offert », il y a aussi deux verbes conjugués (« aime », « as offert »). Mais « que tu m'as offert » ne peut pas exister seule (elle dépend du nom « livre » repris par « que ») : c'est une proposition subordonnée. La proposition qui la contient, « J'aime le livre », est donc la proposition principale.

Erreurs fréquentes
Confondre le nombre de mots avec le nombre de propositions : il faut compter les verbes conjugués, pas les groupes de mots au hasard.
Croire qu'une proposition indépendante ne peut jamais être reliée à une autre : elle peut être juxtaposée ou coordonnée à une autre indépendante, elle reste indépendante tant qu'aucune des deux ne dépend grammaticalement de l'autre.
Oublier que le terme « principale » n'a de sens que s'il existe une subordonnée qui en dépend : une proposition seule dans une phrase simple est indépendante, pas « principale ».

Distinguer la subordonnée relative et la subordonnée conjonctive

Il existe deux grandes catégories de propositions subordonnées introduites par un mot subordonnant. La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel...) qui reprend un nom ou un pronom appelé antécédent : sa fonction est complément de cet antécédent. La subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (que, quand, si, comme, parce que, bien que...) et n'a pas d'antécédent nominal ; elle occupe le plus souvent la fonction de complément d'objet direct du verbe principal (subordonnée complétive) ou de complément circonstanciel (subordonnée circonstancielle de temps, cause, condition, but...).

Méthode
Repérer le mot qui introduit la subordonnée : pronom relatif ou conjonction de subordination.
Chercher si ce mot reprend un nom ou un pronom précis situé juste avant lui (l'antécédent). Si oui, c'est une subordonnée relative.
Si le mot introducteur (souvent « que ») n'a pas d'antécédent nominal repérable, c'est une conjonction de subordination : la subordonnée est conjonctive.
Vérifier la fonction : relative = complément de l'antécédent ; conjonctive complétive = souvent COD du verbe principal (test : remplacer par « cela ») ; conjonctive circonstancielle = complément circonstanciel.

Exemple
Compare : « Elle relit le devoir qui est terminé. » et « Elle explique que le devoir est terminé. »

Corrigé pas à pas
Dans la première phrase, « qui » reprend le nom « devoir » : « devoir » est l'antécédent. « qui est terminé » est donc une subordonnée relative, complément de l'antécédent « devoir ».
Dans la seconde phrase, « que » n'a pas d'antécédent nominal précis : on ne peut pas dire que « que » remplace un nom situé juste avant. On peut remplacer « que le devoir est terminé » par « cela » : « Elle explique cela. » « que le devoir est terminé » est donc une subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe « explique ».

Erreurs fréquentes
Croire que toute subordonnée introduite par « que » est une relative : « que » peut aussi être une conjonction de subordination (subordonnée conjonctive), il faut vérifier s'il existe un antécédent.
Oublier de nommer l'antécédent d'une relative : sans antécédent, on ne peut pas justifier qu'il s'agit d'une relative.
Confondre la fonction de la relative (complément de l'antécédent) avec celle de la conjonctive complétive (souvent COD du verbe principal) : ce ne sont pas les mêmes rôles dans la phrase.

Savoir-faire

Identifier une subordonnée relative et son antécédent

  1. Repérer le pronom relatif dans la phrase : qui, que, quoi, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
  2. Chercher le nom ou le pronom situé juste avant le pronom relatif : c'est l'antécédent, celui que la subordonnée vient préciser.
  3. Vérifier que la subordonnée apporte une information sur cet antécédent (elle répond à la question « quel/quelle... ? » posée sur l'antécédent).
  4. Conclure : cette subordonnée a la fonction de complément de l'antécédent.

Exemple
« La maison où j'habite est ancienne. » Identifie la subordonnée relative et son antécédent.

Corrigé pas à pas
Le pronom relatif est « où ». Il reprend le nom « maison » situé juste avant : « maison » est l'antécédent. « où j'habite » est la subordonnée relative, complément de l'antécédent « maison ».

Distinguer proposition principale et subordonnée conjonctive complétive

  1. Repérer la conjonction de subordination « que » (ou une conjonction proche comme « si » après un verbe d'opinion ou de déclaration).
  2. Appliquer le test du remplacement par « cela » : si l'on peut remplacer toute la subordonnée par « cela » après le verbe et que la phrase garde du sens, c'est une subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe.
  3. Identifier le verbe conjugué dont dépend cette subordonnée : la proposition qui contient ce verbe est la proposition principale.
  4. Nommer clairement les deux propositions : principale d'un côté, subordonnée conjonctive complétive de l'autre.

Exemple
« Je pense que tu as raison. » Applique la méthode pour distinguer les deux propositions.

Corrigé pas à pas
La conjonction est « que ». Test : « Je pense cela. » fonctionne, donc « que tu as raison » est bien une subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe « pense ». La proposition principale est « Je pense ».

Distinguer une proposition indépendante coordonnée d'une proposition subordonnée

  1. Repérer le mot ou le signe qui relie les deux propositions (virgule, conjonction de coordination, pronom relatif, conjonction de subordination).
  2. Vérifier si chacune des deux propositions pourrait former une phrase autonome avec le même sens : si oui pour les deux, ce sont des indépendantes juxtaposées ou coordonnées.
  3. Si l'une des deux propositions perd tout son sens isolée (elle a besoin de l'autre pour exister), c'est une subordonnée ; l'autre est alors la principale.
  4. Nommer précisément le lien : conjonction de coordination pour des indépendantes, conjonction de subordination ou pronom relatif pour une subordonnée.

Exemple
Compare : « Il pleut, donc je reste chez moi. » et « Je reste chez moi parce qu'il pleut. »

Corrigé pas à pas
Dans la première phrase, « Il pleut » et « je reste chez moi » pourraient chacune former une phrase seule : ce sont deux propositions indépendantes, reliées par la conjonction de coordination « donc ».
Dans la seconde phrase, « parce qu'il pleut » ne peut pas être isolée sans perdre son rôle : c'est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause, introduite par la conjonction de subordination « parce que ». « Je reste chez moi » est la proposition principale.

Mémento

Les grands types de propositions

Reconnaître une subordonnée relative

Reconnaître une subordonnée conjonctive

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Sources du programme : Programme Eduscol cycle 4 — français · Programme Eduscol cycle 3 — français