Phrase simple et phrase complexe ; types et formes de phrases
Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).
Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.
L'essentiel
- Phrase simple : un seul verbe conjugué, une seule proposition.
- Phrase complexe : plusieurs verbes conjugués, plusieurs propositions.
- Trois liaisons possibles entre propositions : juxtaposition (virgule/point-virgule sans mot de liaison), coordination (conjonction de coordination : et, ou, mais, donc, or, ni, car), subordination (mot subordonnant : que, qui, quand, parce que...).
À maîtriser avant : Propositions : indépendante, principale, subordonnée (relative, conjonctive) · Fonctions grammaticales
Phrase simple et phrase complexe
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué : elle ne comporte donc qu'une seule proposition. Une phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions. Ces propositions peuvent être reliées de trois façons : par juxtaposition (séparées par une virgule ou un point-virgule, sans mot de liaison), par coordination (reliées par une conjonction de coordination comme « et », « mais », « ou », « donc », « car »), ou par subordination (une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale, souvent introduite par « que », « qui », « parce que », « quand »...).
Méthode
Repérer tous les verbes conjugués de la phrase (attention : un infinitif ou un participe employé seul ne compte pas).
Si la phrase ne contient qu'un seul verbe conjugué, c'est une phrase simple.
Si elle en contient plusieurs, c'est une phrase complexe : chercher ensuite comment les propositions sont reliées (virgule seule = juxtaposition ; conjonction de coordination = coordination ; mot subordonnant = subordination).
Exemple
Analyser ces trois phrases et dire si elles sont simples ou complexes : 1) « Le chat dort sur le canapé. » 2) « Il pleut, je reste à la maison. » 3) « Je reste à la maison parce qu'il pleut. »
Corrigé pas à pas
1) « Le chat dort sur le canapé. » : un seul verbe conjugué (« dort ») → phrase simple. 2) « Il pleut, je reste à la maison. » : deux verbes conjugués (« pleut » et « reste »), séparés par une simple virgule sans mot de liaison → phrase complexe par juxtaposition. 3) « Je reste à la maison parce qu'il pleut. » : deux verbes conjugués (« reste » et « pleut »), reliés par le mot subordonnant « parce que » → phrase complexe, la proposition « parce qu'il pleut » est subordonnée à la principale « je reste à la maison ».
Erreurs fréquentes
Croire qu'une phrase longue est forcément complexe : la longueur ne compte pas, seul le nombre de verbes conjugués compte.
Confondre juxtaposition et coordination : la juxtaposition n'utilise aucun mot de liaison (juste une virgule ou un point-virgule), la coordination utilise une conjonction de coordination.
Compter un infinitif ou un participe passé employé comme adjectif comme un verbe conjugué : dans « Fatigué, il s'assoit. », seul « s'assoit » est conjugué, la phrase est simple malgré la présence de « fatigué ».
Les trois types de phrase et la forme exclamative
On distingue trois types de phrase : la phrase déclarative énonce un fait ou une information ; la phrase interrogative pose une question ; la phrase impérative (ou injonctive) exprime un ordre, un conseil ou une interdiction. La forme exclamative exprime une intensité ou un sentiment et peut se combiner avec ces types. Par exemple, « Range ta chambre ! » est de type impératif et de forme exclamative.
Méthode
Se demander quelle est l'intention de la phrase : informer, questionner, ordonner ou exprimer un sentiment fort.
Vérifier la ponctuation finale, qui confirme en général le type (point, point d'interrogation, point d'exclamation).
Le type dépend de l’intention principale : informer, questionner ou donner un ordre. Un point d’exclamation peut accompagner ces types ; il marque la forme exclamative sans constituer un quatrième type.
Exemple
Identifier le type de chacune de ces phrases : 1) « Le collège commence à huit heures. » 2) « Le collège commence-t-il à huit heures ? » 3) « Range ta chambre. » 4) « Quelle bonne nouvelle ! »
Corrigé pas à pas
1) énonce un fait, se termine par un point → phrase déclarative. 2) pose une question, se termine par un point d'interrogation → phrase interrogative. 3) exprime un ordre → phrase injonctive (même si elle se termine par un point ici). 4) exprime un sentiment fort (l'enthousiasme), se termine par un point d'exclamation → phrase déclarative de forme exclamative.
Erreurs fréquentes
Confondre les trois types (déclaratif, interrogatif, impératif) avec les formes (négative, passive, exclamative...) : la forme exclamative peut se combiner avec un type.
Croire qu’un point d’exclamation définit à lui seul le type : « Sors ! » est de type impératif et de forme exclamative.
Oublier que l'injonctif peut aussi s'exprimer sans impératif, par exemple avec un infinitif (« Ne pas fumer. »).
Les formes de phrase
En plus de son type, chaque phrase peut aussi être caractérisée par sa forme, organisée en quatre couples possibles qui se combinent librement avec le type : affirmative (« Je viens. ») ou négative (« Je ne viens pas. ») ; active (le sujet fait l'action : « Paul mange la pomme. ») ou passive (le sujet subit l'action : « La pomme est mangée par Paul. ») ; personnelle (le sujet désigne quelqu'un ou quelque chose de précis : « Le chat dort. ») ou impersonnelle (le sujet « il » ne représente rien de précis : « Il pleut. ») ; neutre (ordre habituel des mots) ou emphatique (un élément est mis en valeur, souvent par « c'est... qui/que » : « C'est Paul qui a gagné. »).
Méthode
Vérifier la présence d'une négation (« ne... pas », « ne... jamais »...) pour distinguer affirmative et négative.
Chercher si le sujet fait l'action (active) ou la subit (passive, avec un verbe être + participe passé et souvent un complément d'agent introduit par « par »).
Vérifier si le sujet est un pronom impersonnel « il » qui ne renvoie à rien (impersonnelle) ou un sujet réel (personnelle).
Repérer une mise en valeur d'un mot par une construction du type « c'est... qui/que » (emphatique) sinon la phrase est neutre.
Exemple
Donner la forme de chacune de ces phrases : 1) « Il neige. » 2) « Le rapport a été rédigé par la secrétaire. » 3) « C'est ce livre que je préfère. »
Corrigé pas à pas
1) « Il neige. » : le pronom « il » ne représente rien de précis, c'est un verbe impersonnel → forme impersonnelle (et affirmative, active, neutre par ailleurs). 2) « Le rapport a été rédigé par la secrétaire. » : le sujet « le rapport » subit l'action, le verbe est à la forme « être » + participe passé, complément d'agent introduit par « par » → forme passive. 3) « C'est ce livre que je préfère. » : la construction « c'est... que » met en valeur « ce livre » → forme emphatique.
Erreurs fréquentes
Croire qu'une phrase n'a qu'une seule forme possible : type et forme se combinent librement (une phrase interrogative peut aussi être négative, comme « Ne viens-tu pas ? »).
Confondre forme impersonnelle et forme passive : dans « Il pleut. », il n'y a pas de participe passé ni de complément d'agent, ce n'est pas une phrase passive.
Oublier de vérifier le complément d'agent pour reconnaître une phrase passive : toutes les phrases passives n'en ont pas d'exprimé (« La lettre a été envoyée. » reste passive sans complément d'agent).
Savoir-faire
Distinguer phrase simple et phrase complexe
- Souligner tous les verbes de la phrase.
- Éliminer les infinitifs et les participes employés seuls (non conjugués) : ils ne comptent pas.
- Compter les verbes conjugués restants : un seul → phrase simple ; plusieurs → phrase complexe.
- Si la phrase est complexe, repérer le mode de liaison entre les propositions : virgule ou point-virgule seul → juxtaposition ; conjonction de coordination (« et », « mais », « ou », « donc », « or », « ni », « car ») → coordination ; mot subordonnant (« que », « qui », « quand », « parce que »...) → subordination.
Exemple
Analyser : « Ayant terminé son travail, elle sort et elle rentre chez elle. »
Corrigé pas à pas
« Ayant terminé » est un participe présent, il ne compte pas comme verbe conjugué. Les verbes conjugués sont « sort » et « rentre ». Il y en a deux : la phrase est complexe. Ils sont reliés par la conjonction de coordination « et » : il s'agit d'une coordination.
Transformer une phrase active en phrase passive
- Repérer dans la phrase active le sujet, le verbe et le complément d'objet direct (COD).
- Faire du COD de la phrase active le nouveau sujet de la phrase passive.
- Conjuguer le verbe être au même temps que le verbe actif, puis ajouter le participe passé du verbe actif (bien accorder le participe passé avec le nouveau sujet).
- Faire du sujet de la phrase active un complément d'agent introduit par « par » (ou parfois « de »), que l'on peut choisir de supprimer.
Exemple
Transformer à la forme passive : « Les élèves ont applaudi le champion. »
Corrigé pas à pas
Sujet actif : « les élèves » ; verbe : « ont applaudi » (passé composé) ; COD : « le champion ». Le COD devient sujet : « Le champion ». Le verbe être se conjugue au passé composé : « a été », suivi du participe passé « applaudi », accordé avec « le champion » (masculin singulier). Le sujet actif devient complément d'agent : « par les élèves ». Résultat : « Le champion a été applaudi par les élèves. »
Reconnaître le type et la forme d'une phrase
- Identifier le type : la phrase informe-t-elle (déclaratif), questionne-t-elle (interrogatif), ou donne-t-elle un ordre ou un conseil (impératif) ? Repérer ensuite ses formes, dont la forme exclamative si elle exprime une intensité.
- Vérifier la ponctuation finale, qui confirme en général le type identifié.
- Chercher ensuite, indépendamment du type, la présence d'une négation (affirmative/négative), d'un sujet qui subit l'action (active/passive), d'un sujet impersonnel « il » (personnelle/impersonnelle), ou d'une mise en valeur par « c'est... qui/que » (neutre/emphatique).
- Donner la réponse complète en combinant le type ET la ou les formes repérées.
Exemple
Analyser complètement la phrase : « N'est-ce pas ce roman que tu as lu ? »
Corrigé pas à pas
La phrase pose une question et se termine par un point d'interrogation → type interrogatif. Elle contient la négation « n'... pas » → forme négative. La construction « c'est... que » met en valeur « ce roman » → forme emphatique. Réponse complète : phrase interrogative, négative et emphatique.
Mémento
Phrase simple et phrase complexe
- Phrase simple : un seul verbe conjugué, une seule proposition.
- Phrase complexe : plusieurs verbes conjugués, plusieurs propositions.
- Trois liaisons possibles entre propositions : juxtaposition (virgule/point-virgule sans mot de liaison), coordination (conjonction de coordination : et, ou, mais, donc, or, ni, car), subordination (mot subordonnant : que, qui, quand, parce que...).
Trois types de phrase et une forme combinable : l’exclamation
- Déclarative : énonce un fait ou une information ; elle peut aussi prendre une forme exclamative.
- Interrogative : pose une question, se termine par un point d'interrogation.
- Injonctive : exprime un ordre ou un conseil, souvent à l'impératif.
- La forme exclamative exprime une intensité ou un sentiment ; elle peut se combiner avec les types déclaratif, interrogatif et impératif.
- Chaque phrase n'appartient qu'à un seul type à la fois.
Les couples de formes de phrase
- Affirmative / négative (présence ou non de « ne... pas »).
- Active (le sujet fait l'action) / passive (le sujet subit l'action, verbe être + participe passé).
- Personnelle (sujet réel) / impersonnelle (sujet « il » qui ne représente rien : « il pleut »).
- Neutre (ordre habituel) / emphatique (mise en valeur par « c'est... qui/que »).
- Le type et la forme sont indépendants : une même phrase possède un type ET plusieurs formes en même temps.
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S'entraîner sur ce chapitreSources du programme : Bulletin officiel de l'éducation nationale — programme de français, cycle 4 · Repères de progressivité Eduscol — français, cycle 3 et cycle 4