Valeurs des temps et des modes (indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif)
Français · 5e · cours écrit et vérifié, conforme au programme officiel (Éduscol).
Ce chapitre est aussi au programme de : 4e · 3e — c'est le même cours.
L'essentiel
- Indicatif : présente le fait comme réel, certain (« Il pleut. »).
- Subjonctif : exprime le souhait, la volonté, le doute, la nécessité, souvent après « que » (« Je veux qu'il vienne. »).
- Conditionnel : exprime l'hypothèse, l'imaginaire, une information non confirmée, ou la politesse (« Je voudrais un café. »).
À maîtriser avant : Conjugaison : présent, imparfait, passé composé, futur · Propositions : indépendante, principale, subordonnée (relative, conjonctive)
Les quatre modes personnels et leur valeur générale
Un mode est la forme que prend un verbe conjugué pour montrer l'attitude du locuteur (celui qui parle) face à ce qu'il dit : un fait réel, un souhait, une hypothèse ou un ordre. Il existe quatre modes personnels (le verbe varie selon la personne) : l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel et l'impératif. Chacun a sa valeur propre, c'est-à-dire le sens qu'il apporte à la phrase.
Méthode
Repère le verbe conjugué dans la phrase et sa terminaison.
Demande-toi si le fait est présenté comme réel et certain (indicatif), comme souhaité, douté ou nécessaire (subjonctif), comme imaginaire ou soumis à une condition (conditionnel), ou comme un ordre donné directement (impératif).
Regarde le contexte : une conjonction comme « que » après un verbe de volonté ou de sentiment annonce souvent un subjonctif ; une subordonnée en « si » annonce souvent un conditionnel dans la principale.
Nomme la valeur précise du mode en citant un mot du contexte qui la justifie.
Exemple
Analyse le mode et la valeur des verbes soulignés : « Il faut que tu partes maintenant, sinon tu regretteras ton retard. Pars vite ! »
Corrigé pas à pas
« partes » : verbe au subjonctif présent. Il est employé après « il faut que », qui exprime une nécessité : le fait n'est pas encore réalisé, il est seulement souhaité comme obligatoire.
« regretteras » : verbe à l'indicatif futur simple. Le fait est présenté comme certain, comme une conséquence logique et réelle dans l'avenir.
« Pars » : verbe à l'impératif présent. Il exprime un ordre donné directement, sans sujet exprimé (le sujet « tu » est sous-entendu).
Erreurs fréquentes
Employer l'indicatif après « il faut que » ou « je souhaite que » : « Il faut que tu viens » est fautif, il faut écrire « Il faut que tu viennes » (subjonctif).
Oublier que l'impératif n'a jamais de sujet exprimé : on écrit « Viens ! » et non « Tu viens ! » pour donner un ordre.
Confondre le conditionnel avec le futur simple alors que les valeurs sont différentes (l'un est souvent lié à une hypothèse, l'autre annonce un fait certain à venir).
Les valeurs des temps de l'indicatif
L'indicatif est le mode qui présente les faits comme réels. Mais il comporte plusieurs temps, et chaque temps a sa propre valeur : il ne sert pas seulement à situer une action dans le passé, le présent ou l'avenir, il apporte aussi une nuance de sens.
Méthode
Identifie le temps du verbe (présent, imparfait, passé composé, passé simple, futur simple...).
Observe si l'action est ponctuelle, répétée, en train de se dérouler, ou si elle décrit un état.
Vérifie si le verbe est dans une subordonnée en « si » : dans ce cas, l'imparfait n'exprime pas le passé mais une hypothèse au présent.
Nomme la valeur précise : vérité générale, habitude, description, action achevée, hypothèse, politesse...
Exemple
Analyse la valeur des temps dans : « Si je savais, je te le dirais. »
Corrigé pas à pas
« savais » est à l'imparfait de l'indicatif. Dans cette subordonnée introduite par « si », il n'exprime pas un fait passé mais une hypothèse envisagée dans le présent (on ne sait pas si la condition est vraie).
« dirais » est au conditionnel présent. Il exprime la conséquence qui découlerait de cette hypothèse, si elle se réalisait. Il ne faut pas confondre ce verbe avec un futur du passé : ici, aucun verbe de parole au passé ne l'introduit, c'est bien la valeur d'hypothèse du conditionnel qui s'applique.
Erreurs fréquentes
Écrire « Si j'aurais su » au lieu de « Si j'avais su » : après « si » exprimant une hypothèse, on emploie l'imparfait de l'indicatif, jamais le conditionnel.
Croire que l'imparfait sert uniquement à raconter le passé : dans une subordonnée en « si », il a la valeur d'une hypothèse présente, pas passée.
Confondre le présent de vérité générale (« L'eau bout à 100 degrés ») avec le présent de narration (« Il marche depuis une heure quand soudain il tombe »), qui rend un récit passé plus vivant.
Savoir-faire
Distinguer l'imparfait de l'indicatif et le conditionnel présent
- Repère le radical du verbe conjugué : l'imparfait se forme sur le radical du présent (nous av-ons -> av-ais), le conditionnel se forme sur le radical du futur (je pourr-ai -> je pourr-ais).
- Vérifie le contexte : si le verbe est dans une subordonnée introduite par « si » exprimant une hypothèse, c'est presque toujours un imparfait de l'indicatif, jamais un conditionnel.
- Si le verbe est dans la proposition principale (celle qui exprime la conséquence), c'est souvent un conditionnel.
- Relis la phrase en remplaçant mentalement par une autre personne (je/tu) pour entendre la terminaison -ais commune aux deux modes, puis identifie le radical pour lever le doute.
Exemple
Complète et justifie : « Si j'... (avoir) le temps, j'... (aller) au cinéma. »
Corrigé pas à pas
« Si j'avais le temps » : imparfait de l'indicatif (radical du présent « av- » + terminaison « -ais »), car la subordonnée en « si » exprime l'hypothèse.
« j'irais au cinéma » : conditionnel présent (radical du futur « ir- » + terminaison « -ais »), car la principale exprime la conséquence imaginée de cette hypothèse.
Reconnaître la valeur d'un mode ou d'un temps dans une phrase
- Repère tous les verbes conjugués de la phrase ou du texte.
- Pour chacun, identifie d'abord le mode (indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif) grâce à sa forme et à sa terminaison.
- Pose-toi la question : le fait est-il présenté comme réel, souhaité/douté, hypothétique ou ordonné ?
- Formule la valeur précise en une phrase courte, en citant le mot du contexte qui la justifie (une conjonction, un verbe introducteur, une subordonnée en « si »).
Exemple
Identifie la valeur du mode dans : « Pourvu qu'il fasse beau dimanche ! »
Corrigé pas à pas
« fasse » est au subjonctif présent. Ici, il n'est précédé d'aucune subordonnée classique mais de la locution « pourvu que », qui exprime un souhait. La valeur du subjonctif est donc celle du souhait, comme souvent après des verbes ou locutions de volonté et de sentiment.
Mémento
Les quatre modes personnels et leur valeur principale
- Indicatif : présente le fait comme réel, certain (« Il pleut. »).
- Subjonctif : exprime le souhait, la volonté, le doute, la nécessité, souvent après « que » (« Je veux qu'il vienne. »).
- Conditionnel : exprime l'hypothèse, l'imaginaire, une information non confirmée, ou la politesse (« Je voudrais un café. »).
- Impératif : exprime un ordre, un conseil ou une défense, sans sujet exprimé (« Viens ici ! »).
Valeurs de temps à connaître
- Le présent de l'indicatif peut exprimer une vérité générale, une habitude, ou rendre un récit passé plus vivant (présent de narration).
- L'imparfait de l'indicatif décrit ou exprime une habitude passée ; dans une subordonnée en « si », il exprime une hypothèse présente (jamais suivi d'un conditionnel dans le « si »).
- Le futur simple annonce un fait à venir présenté comme certain ; il peut aussi atténuer un ordre (« Tu feras attention. »).
- Le conditionnel présent a deux emplois : une valeur de temps (futur dans le passé, après un verbe de parole au passé : « Il a dit qu'il viendrait. ») et une valeur de mode (hypothèse, souhait, politesse).
Le piège à ne jamais faire
- Après « si » exprimant une condition, on emploie toujours l'imparfait de l'indicatif, jamais le conditionnel : on écrit « Si j'avais su » et non une forme en « -ais » venant du futur.
- Le conditionnel se place dans la proposition qui exprime la conséquence, pas dans celle qui pose la condition avec « si ».
S'entraîner sur ce chapitre
Sources du programme : Programme Eduscol cycle 4 — français · Bulletin officiel de l'éducation nationale — cycle 4, enseignement du français